Un printemps dans l’hémisphère Sud

Si l’hiver d’ici me faisait plutôt sourire et m’avais quelque part agréablement surprise car il avait les allures d’un été français, le printemps est en train de me refroidir. Oubliez le joli vert tendre des feuilles naissantes sur les arbres, le chant mélodieux des oiseaux au petit matin ou encore les températures parfois fraîches mais souvent idéales surtout après un hiver trop long. Ici le printemps c’est 36 degrés ! L’été les températures montent à 45 degrés. Comme dirait ma petite nièce « non pas ça ! ». On dirait qu’il existe ici une saison supplémentaire ; une version plus hard de l’été.

Avec la montée des températures nous avons assisté de façon impuissante à l’arrivée d’une nouvelle faune : Une grosse araignée qui fait son show sous une table un midi en terrasse résultant sur l’agitation de touristes trop curieux. Un serpent cherchant la fraîcheur dans les toilettes des dortoirs. Un papillon de nuit gros comme un petit oiseau dixit Agathe venant l’effrayer devant sa chambre. Une scolopendre géante qui se fait la malle dans une chambre. Un pseudo criquet XXL beaucoup moins sympa que dans Pinocchio qui vient se muscler les cuisses sur mon avant-bras me permettant de mesurer sa taille – soit celle de mon avant-bras et de sentir l’aspect de ses pattes rugueuses sur ma peau… Tout cela en l’espace de quatre jours. Il nous reste un mois et demi à Glen Helen ce qui n’est rien à l’échelle d’une vie mais qui peut s’avérer long dans ces conditions.

Je suis arrivée de Tilmouth Well zen, apaisée voire réconciliée avec l’image que j’avais de la nature et de la diversité des bestioles australiennes (puisque nous avions côtoyé jusque-là que des oiseaux et des chats…) mais là c’est l’effet boomerang : le paradis des insectes indésirables (ce qui est pour moi un pléonasme) est bien ici et c’est même pire que ce que j’imaginais. La bonne nouvelle : je crois que ma séance d’hypnose pour éviter l’hystérie face à une mygale a fonctionné. La mauvaise nouvelle : cette séance ne m’a pas anesthésié pour tout le reste… et ce « reste » est plus fréquent.

Le travail c’est la santé ?

Vivre au quotidien dans cette ambiance zoo en plein air est une chose mais le plus difficile reste notre travail. Nous travaillons en ce moment plus de onze heures par jour. Un bel avantage pour économiser (c’était le but en venant en Australie) mais cela est physiquement très fatigant. Je travaille au service petit-déjeuner qui démarre à 6H30 et s’étend jusqu’à 14H30. Régulièrement il faut ensuite reprendre vers 17H et finir vers 21H.

« A la télé ils disent tous les jours : « Y a trois millions de personnes qui veulent du travail ». C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait ». Coluche

Le rythme est intense. Les australiens sont nombreux à vouloir déjeuner dès 11h30 et à dîner dès 17h30. Quant à l’apéro, il semble moins sacré que chez nous, mais peut démarrer également très tôt. L’happy hour nous avait surpris à Sydney : c’était pour nous l’heure du goûter ! Résultat : Des personnes sont ivres en tout début de soirée.

Lorsque je travaille le matin je dois notamment faire des cafés – et j’aime bien ça. Pour l’anecdote, nous sommes à plus d’une heure d’Alice Springs et il n’y a absolument rien entre la ville et nous.  Nous proposons pourtant des cafés au lait/latte/cappuccino avec au choix lait entier, demi-écrémé, écrémé, sans lactose, ou du lait de soja et parfois même du lait d’amande. Une cliente m’a demandé si nous avions du lait de coco ! Je trouve épatant comme certains s’attendent à retrouver où qu’ils soient la même offre et tout  leur confort. Heureusement que nous n’avons pas de lait de coco ! On a déjà trop de choix pour un lieu si isolé. Tout le monde semble pourtant trouver cela normal ; voire insuffisant apparemment. Mais elle avait prévu le coup et avait ramené sa propre brique pour faire un cappuccino. Sa devise ? « Jamais sans ma brique » ! Parmi les autres phrases qui resteront, on m’a demandé un « skim cap’ » pour cappuccino avec du lait écrémé. Une « choc’ice » pour chocolate icecream et à Agathe un « DKL » Deca Latte.

Cinderella, c’est moi

L’autre facette moins reluisante et encore plus physique du job inclue du housekeeping (nettoyage des chambres). Mis à part le fait que j’ai à présent quasiment les bras de Popeye à force de soulever des matelas… et la nouvelle capacité très recherchée de faire un lit au carré en deux temps trois mouvements ; ce travail est psychologiquement difficile ; je trouve cela triste de se retrouver à faire le ménage à l’autre bout de la planète et d’être mieux rémunérée qu’en France avec un travail qui me demandait de vraies qualifications et d’avoir fait cinq ans d’études. L’idéal sera de trouver en rentrant un travail intéressant ET bien rémunéré – si ce n’est pas trop demandé !

*Précision par rapport au titre, le boomerang est un instrument qui a été créé par les aborigènes. Normal que l’effet soit ici plus rapide qu’ailleurs !

Une question ? Un commentaire ? N’hésitez pas, ça se passe un peu plus bas ! 🙂

Share: