Le jour tant attendu est arrivé. Après cinq mois passés dans le désert australien, nous quittons le bush pour de nouvelles aventures. Avant cela, de nouveaux au revoir difficiles nous attendaient avec les personnes avec qui nous avons partagé notre quotidien en continu et tissé des liens forts. Un dernier au revoir au majestueux Mont Sonder s’imposait ainsi qu’aux Gorges Glen Helen.

Mont Sonder

C’est en revanche un soulagement de pouvoir quitter toutes les bestioles que nous avons dû côtoyer ! Bye Bye la mixture Koh Lanta-Fort Boyard ! J’ai d’ailleurs eu la musique « Such a perfect day » dans la tête durant tout le dernier jour. Pour l’anecdote, Agathe a vu un scorpion (je n’avais même pas pensé à l’éventualité de leur existence ici) et la veille des travailleurs ont croisé trois serpents (dont deux « gros » le terme est mauvais quand il est employé par un australien, car tout est gros par défaut ici) à environ vingt mètres à peine de nos chambres… Certaines choses ne nous manqueront pas. J’en profite d’ailleurs pour partager une information que je me suis bien gardée de divulguer : nous n’avions jamais été aussi proches de serpents qui comptent parmi les plus venimeux au monde ! Un de ces charmants reptiles a la capacité de tuer quelqu’un en moins de 8 minutes. Apparemment ils vivent dans les East McDonnell National Park. Nous étions dans les West McDonnell ! Aucune barrière entre les deux. Aucun hôpital à proximité… On nous avait dit que si nous nous faisions mordre l’idéal est de s’allonger et d’attendre. Bref, je suis contente de rejoindre un environnement moins « hostile » même si le bush présente finalement aussi de nombreux atouts.

Afin de conclure en beauté ce séjour hors du commun, nous sommes allées voir l’Uluru. Avant de venir en Australie, nous l’avions vu en photo lors d’une exposition sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris et nous nous disions que nous le verrions « en vrai » d’ici peu. C’est à présent chose faite !

J’avais peur d’être déçue car toutes les personnes qui l’ont vu nous en ont dit que du bien. Je ne vais que pouvoir aller dans ce sens. Cet endroit est magique et plus imposant que je ne l’imaginais.

Au pied de l’Uluru ; la taille des arbres donne un apperçu de l’immensité de la roche.

L’Uluru est un inselberg de 348 mètres de haut. Nous en voyons qu’une « petite » partie (un peu comme un iceberg) car il continue en profondeur sur six kilomètres ! Ce site est sacré pour les aborigènes et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. En plus de sa beauté naturelle exceptionnelle, il témoigne à de nombreux endroits de croyances aborigènes. C’est en fait un concentré de culture.

Nous sommes parties avec la société Emu Run (principalement car nous bénéficions d’une remise grâce à notre travail). Je n’ai pas l’habitude de voyager en groupe mais cette option nous paraissait cette fois la plus appropriée car nous souhaitions y consacrer seulement une journée. Une navette est ainsi venue nous récupérer à notre auberge à 6h du matin. Il faut compter environ 5h-5h30 de trajet (aller) depuis Alice Springs avec plusieurs arrêts en route. Nous avons pu voir un magnifique et gigantesque lac salé et le « fooluru » ; surnommé ainsi car n’importe quel touriste peut s’y méprendre et croire que le gros rocher au loin est l’Uluru.

Lac salé sur la route de l’Uluru
« Fooluru » le faux Uluru

Notre excursion prévoyait la visite de Kata Tjuta. Un site également sacré pour les aborigènes. Dans leur culture, seuls les hommes peuvent y accéder – d’autres sites sont uniquement accessibles aux femmes.

Kata Tjuta

Nous avons fait une petite marche vers des gorges. Le panorama était exceptionnel. Le bush est ici très plat et nous pouvions voir le désert à perte de vue. Il faisait environ 35 degrés et quelques petits nuages ajoutaient du charme au lieu. Nous avons eu jusqu’à 43 degrés à Glen Helen donc cette chaleur était relativement supportable.

Les gorges de Kata Tjuta

Nous avons ensuite visité un centre culturel implanté dans le parc naturel. Cette visite était un vrai plus et permet d’en apprendre davantage sur la culture aborigène et sur leur philosophie de vie. La plupart des explications sont traduites en français et la scénographie rend le lieu d’autant plus intéressant. Globalement, ce centre insiste sur la nécessité de préserver et de respecter l’Uluru. Il présente ses significations pour les aborigènes mais aussi sa mise en tourisme (dès 1948), sa biodiversité, et la prise de conscience qui s’est effectuée ces dernières années grâce à un travail de collaboration et de transfert de connaissances entre des populations aborigènes et des scientifiques.

Deux galeries d’art sont également présentes et permettent d’observer en direct le talent de peintres aborigènes et d’acheter des peintures uniques. Nous avons cependant attendu le coucher de soleil pour faire des affaires en achetant des peintures sans intermédiaire, directement auprès des peintres.

Après cette visite nous nous sommes dirigés vers l’Uluru. Nous ne pensions pas pouvoir autant nous en rapprocher. Vu que ce « pretty big rock » comme disait notre guide n’est absolument pas lisse, il est possible par endroit de se sentir « à l’intérieur », d’être entouré par cet énorme monolithique. Des grottes (sacrées) couvertes par endroit de peintures sont à visiter ainsi qu’un « water hole » joli point d’eau. Nous étions accompagnées d’un guide et c’était un atout indéniable pour comprendre la signification de ce que nous voyions et pour connaître certaines des histoires liées au site.

Peintures aborigènes dans une grotte – Uluru
Water Hole

La cerise sur le gâteau fut le coucher de soleil. Un barbecue était organisé et nous avons pu trinquer face à ce magnifique panorama. Les couleurs du rocher évoluent en fonction de la luminosité…

Il nous restait ensuite environ cinq heures de route pour revenir à Alice Springs. Le chauffeur nous a prévenu : « A partir de maintenant je vais rouler au milieu de la route. Ce n’est pas parce que je suis ivre, c’est par sécurité, à cause des animaux pouvant traverser la route ». A plusieurs reprises le car a freiné d’un seul coup mais nous sommes revenues à destination sans encombre. Il s’agissait de notre dernière nuit dans le bush. Le ciel était d’un noir profond et scintillait de toutes ces étoiles.
It was such a perfect day…  

Uluru
Infos pratiques :

Société qui organisait le tour : Emu Run
Temps de trajet : Environ 6h aller, 6h retour
Prix : 120 euros par personne

Logement à Alice Springs :

Jump Inn Budget Accommodation.  27$ la nuit en dortoir pour quatre personnes avec salle de bain privative et petit déjeuner inclus. Située à environ 10 minutes à pieds de Todd Mall – l’artère centrale – cette auberge était très propre. Les chambres ont récemment été rénovées. Le soir nous avons assisté à un concert de musique live. Le bar propose une belle carte de bières du monde entier ! Fréquentée par des voyageurs âgés en moyenne de 25-35 ans, l’ambiance était conviviale sans être excessivement bruyante. Je recommande.


Restaurant testés à Alice Springs :
  • The Diplomate : Situé en centre-ville, ce restaurant propose des assiettes généreuses dans une ambiance qui nous rappelle l’endroit où nous sommes… On aurait dit une caricature du fin fond du Kansas.
  • Piccolo : Implanté sur Todd Mall, l’artère principale, ce restaurant offre une cuisine qui se veut saine, à base d’ingrédients de qualité. Les cafés et les jus maisons sont également très bons. Il est possible d’y commander toute la journée un petit déjeuner.

NB : Escalader l’Uluru est interdit et perçu comme une violation pour les aborigènes.

Panneau au pied de l’Uluru avec l’interdiction d’y grimper indiquée en plusieurs langues.

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