En cette période de confinement et à l’heure où la carte des vignobles bourguignons pourrait (prochainement ?) être redessinée – apparemment les secteurs de Chablis, de Dijon et du nord de la Côte d’Or en seraient exclus dans le projet de l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) – je vous propose une micro escapade hivernale dans cette région. Au programme ? La fête de la Saint-Vincent tournante, la visite de la célèbre Moutarderie Fallot et la découverte des bienfaits du cassis.

La Saint-Vincent tournante

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de participer à “la Ronde du Couchois” qui consiste à déguster une série de vins en allant d’un propriétaire viticole à un autre et d’échanger avec des personnes toujours passionnées par leur métier… Cette année, j’ai testé “La Saint-Vincent tournante“.

Cet événement, qui fêtait cette année sa 76ème édition, s’est tenu à Gevrey Chambertin. Ce doux nom bénéficie d’une renommée internationale grâce à la qualité et la rareté de son vin. Sachez cependant, que la fête a lieu chaque année dans un village viticole bourguignon différent.

Le concept ?

La fête se déroule sur deux jours. A cette occasion, différents temps forts sont organisés, tels qu’un défilé et une fanfare. Mais l’essentiel de ce week-end atypique repose sur la possibilité, moyennant 20 euros (ou 17 en réservant à l’avance) de faire 8 dégustations.

A l’entrée de la ville, il suffit de retirer sa pochette comprenant un guide de l’événement, une carte, 8 coupons et un verre !

La pochette se porte autour du cou ! Vous avez déjà vu un “UM” (Unaccompanied Minor / enfant non accompagné) sur le point de prendre l’avion chez Air France ? Et bien là c’est pareil. Sauf que ce sont des milliers de personnes qui portent leur pochette autour du cou et que chacune contient un verre de vin…

Un coupon = une dégustation

Le brouillard était très épais ce jour-là et rendait l’atmosphère particulière. Le contraste était d’autant plus saisissant que les habitants avaient parsemé la ville de milliers de fleurs en papier coloré. La thématique vigneronne était évidemment à l’honneur et déclinée sous des formes parfois surprenantes (allant de l’élégance aux limites du kitsch).

La déambulation est aussi ponctuée de kiosques et de food trucks pour se restaurer. En option ? Tartiflette, soupe à l’oignon, sandwich à l’andouillette, frites/andouillette et escargots. J’ai d’ailleurs appris qu’il fallait être vigilant quant à la dégustation d’escargots dits « de Bourgogne ». Une quantité importante viendrait des pays de l’Est

Conseil : Si vous les achetez en magasin, vérifiez bien leur étiquette. Son nom latin doit être Helix Pomatia (=vient de Bourgogne) et non Helix Lucorum (=vient des Balkans ou de Turquie). Sur les stands la provenance est malheureusement rarement indiquée.

Je vous invite donc à tester au moins une fois cet événement. L’ambiance y est chaleureuse et conviviale. Cette fête permet de garder en mémoire un mélange de saveurs où de grands crus sont à l’honneur. C’est aussi une façon de porter un autre regard sur la Bourgogne qui rayonne, à cette occasion, de toute son authenticité.

Côté pratique :

Période : Chaque année, le dernier week-end du mois de janvier.
Tarif : 17 à 20 euros pour bénéficier de 8 dégustations (et d’un beau verre en souvenir).
Accessibilité : Possibilité d’y aller en train et des navettes sont organisées pour participer et profiter de l’événement en toute sécurité. L’ensemble de la ville devient piétonnier.

Visite de la moutarderie Fallot

Produits de la boutique de la moutarderie

Un week-end en Bourgogne sans goûter de moutarde serait comme “un repas sans fromage, une forêt sans écureuil…”. 🙂

Zoom sur la moutarde

A Beaune, la Moutarderie Fallot ouvre ses coulisses aux visiteurs ! La visite guidée de cette entreprise familiale artisanale porte sur la moutarde sous ses différentes facettes. Elle permet de comprendre les origines de la plante et de découvrir ses vertus thérapeutiques (elle serait bonne pour la mémoire et la digestion). Il s’agit aussi d’en apprendre davantage sur les procédés de fabrication du produit, de découvrir l’évolution du poids de ce marché dans le monde… et l’histoire de cette moutarderie en particulier.

On y apprend notamment que la puissante petite graine (appelé graine de Sénevé) est originaire de Chine et qu’elle a traversé des siècles et des continents avant d’arriver dans nos assiettes. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont en tête en matière de production et de consommation de moutarde.

Par ailleurs, on y découvre aussi qu’actuellement la majorité des graines, nécessaires à la production de moutarde, sont cultivées au Canada ! Et que l‘appellation “Moutarde de Dijon” désigne un procédé et non une garantie de son lieu de production. Ainsi, la Moutarde de Dijon est bien souvent “made in USA“.

Il faut donc – encore une fois – savoir décrypter les étiquettes. Sachez cependant que depuis peu, la moutarde produite par la Moutarderie Fallot utilise exclusivement des graines cultivées en France.

Une visite en compagnie d’une guide passionnante

La visite est immersive ; à ce titre, vous serez brièvement “dans la peau d’un grain de moutarde”. La scénographie est intéressante et idéale pour une découverte en famille. En participant à une visite en semaine, vous aurez la possibilité d’observer les différentes étapes de fabrication et les machines en action. D’ailleurs, une petite précision s’impose : Le broyage des graines dégage une substance que l’on ressent clairement : plus on avance dans la visite, plus les yeux finissent par piquer !

Avez-vous déjà vu un bar à moutarde ?

Un bar à moutarde vient compléter cette expérience. Vous pourrez goûter à toutes les saveurs développées par l’entreprise. Ainsi, une trentaine de moutardes, dont deux aromatisées s’offrent aux plus téméraires… Certaines sont inventées pour se marier aux envies de grands chefs ! Les saveurs et l’inventivité semblent ici pouvoir s’exprimer à l’infini !

Bar à moutarde, Moutarderie Fallot

Le concept consiste à appuyer sur le pot que l’on souhaite tester. Un filet de moutarde sort du robinet correspondant. L’échantillon peut être testé sur un cracker ou une cuillère. J’ai eu un coup de cœur pour la moutarde au miel et au vinaigre balsamique : un délice !

La découverte de cette institution bourguignonne est donc un passage obligé. La visite est très complète et enrichissante. On en ressort conquis… et très certainement avec quelques pots de moutarde savoureuse et abordables (comptez 2,50 à 3 euros le pot).

Côté pratique :

Site internet : www.fallot.com/enjoy-fallot

Conseils :
– Visitez la moutarderie en semaine pour observer en direct le savoir-faire local et les machines en action.
– Appelez pour réserver et faire partie d’une visite guidée.
Achetez uniquement de la moutarde en boutique. Les produits dérivés (tels que des bouteilles de vinaigre ou des cornichons) sont fabriqués « ailleurs » (et notre guide n’a pas voulu préciser où…).

Le Cassissium

Un nom un peu barbare pour un site finalement très ludique et passionnant!

Si vous êtes intéressé par le tourisme industriel et désireux d’en connaître plus sur un autre produit bourguignon : le cassis ; alors une visite du Cassissium s’impose !

La visite est très ludique. Pour s’informer, il faut manipuler des objets, ouvrir des tiroirs, deviner des odeurs, naviguer sur des écrans, regarder des vidéos… Cette approche, qui rend le visiteur actif, est très intéressante. Pour compléter “la théorie”, qui se découvre individuellement, une guide fait ensuite entrer dans la liquoristerie Vedrenne avoisinant le musée.

À l’intérieur de l’usine, on visualise au plus près les différents procédés nécessaires à la fabrication de la crème de cassis. La macération, le stockage, l’embouteillage… et la déambulation s’effectue à côté d’immenses cuves.

Globalement, j’ai trouvé cette visite très bien pensée. Le fait de pouvoir dans un premier temps cheminer individuellement au gré des aspects culturels du cassis puis dans un second temps observer concrètement sa transformation rend la visite atypique et intéressante.

Visite du Cassissium, un apprentissage ludique

Pour conclure cette visite en beauté, une dégustation est prévue. Elle permet de goûter à de nombreux sirops (aux goûts parfois très originaux… je ne vous conseille pas la version kiwi) mais aussi à des liqueurs et à la crème de cassis, notamment le « Supercassis » qui accompagne parfaitement une coupe de crémant (de Bourgogne évidemment !).

Côté pratique

Site internet : www.cassissium.fr

Tarif : 9,50 euros, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Lieu : Nuits-Saint-Georges

Voyager hors saison peut être l’occasion de s’ouvrir à de nouvelles activités. La Bourgogne est une destination qui s’apprécie toute l’année. Son patrimoine étant à la fois viticole, culturel, historique et gastronomique… elle offre aux visiteurs une diversité de possibilités.

Aussi, la douceur de ses paysages baignés d’une lumière si particulière, la richesse de ses saveurs et le charme de ses imposantes bâtisses s’installent durablement dans nos mémoires, tels une invitation au voyage.

Une question, un commentaire ? Ça se passe un peu plus bas ! 🙂