C’est bien depuis l’Australie que je rédige cet article. Pour mes trente ans ma famille et mes amis (encore un grand merci à tous et à toutes, notamment à Fatou et Agathe) m’ont offert un magnifique voyage à Tokyo et Kyoto. C’était en février-mars cette année, et j’avais très envie de vous faire partager cette expérience récente. Je vais vous proposer deux articles sur le Japon ; un premier sur les impressions et les anecdotes vécues et un autre sur les « TO DO » à Tokyo et Kyoto.

Japon – Premières Impressions

J’ai embarqué pour Tokyo le 19 février avec la compagnie ANA (All Nippon Airways) l’Air France japonais mais en mieux. Je vous la recommande car le trajet était une expérience en soi. L’avion était très moderne. Plusieurs menus étaient proposés et très bons. Le service impeccable ; avec même la petite serviette chaude distribuée avant chaque repas. Il y avait aussi des hublots avec un système digital pour atténuer la luminosité et un choix de film qui relevait presque de Netflix… bref, un bonheur à l’aller comme au retour.

A l’arrivée, rendez-vous avec Mari, mon amie japonaise qui vit à Kyoto et qui m’a accompagné tout au long de ce voyage. En plus de pouvoir partager ensemble des moments uniques et inoubliables, elle a grandement facilité le séjour. C’était ma boussole, mon interprète mais aussi celle qui m’a permis d’éviter de faire trop de boulettes…

Si un voyage mérite souvent que l’on s’intéresse au préalable aux us et coutumes de la destination, j’estimais que pour le Japon c’était indispensable. J’avais donc lu toute une série de guides et même appris des phrases et du vocabulaire pour me débrouiller au cas où et faire quelques efforts sur place – j’étais sure que les japonais allaient y être sensibles et j’avais vu juste !

Ofuro no jikan desu !

C’est l’heure du bain!” Voilà une des phrases que j’avais apprise en découvrant avec bonheur qu’il existe à Kyoto – et un peu partout au Japon – des sources chaudes naturelles. Avec Mari, nous avons ainsi passé une nuit dans un « onsen » (baptisé Kyoto Ranzan) une auberge traditionnelle.

Nous avons dormi sur des tatamis, fait des origamis, bu du saké pétillant (une super découverte), dégusté du thé, pris notre dîner en kimono, et nous sommes baignées dans la source thermale de l’auberge… Bref, la totale !

Notre chambre, onsen, Kyoto

Tatami, Kyoto

Une vraie parenthèse hors du temps. Le site était en plus fréquenté uniquement par des japonais. Je n’étais pas très couleur locale, et c’était plaisant. Pour l’anecdote, je portais des tresses à ce moment-là et une dame âgée a voulu toucher mes cheveux… c’est arrivé à plusieurs reprises au cours du séjour. Beaucoup ont une curiosité pour les étrangers au sens positif ; un intérêt.

Dans cette auberge tout le monde portait un kimono. Je mets le mien, un peu comme un peignoir, contente, avec le sentiment d’être déguisée mais satisfaite du résultat. En me regardant Mari me dit qu’il faut inverser la façon dont je l’ai fermé… mettre le côté droit par-dessus le côté gauche (ou inversement)… Je me permets de lui demander si c’est vraiment important… Réponse : « Oui, dans ce sens-là c’est pour les morts. » Réponse validée et acceptée. Je me suis pliée aux règles manu militari. Dans ce genre de situation on se rend compte du privilège que c’est d’être accompagnée de locaux ; entre français je suis sûre que chacun aurait fermé le kimono à sa sauce et en aurait été satisfait tout en offensant tout le monde autour sans s’en rendre compte.

Autre léger détail qui m’avait échappé : je n’avais pas lu dans mes guides qu’au Japon il faut se baigner nu dans ces fameuses sources… Les espaces sont divisés Hommes/Femmes mais quand même ! Mari a vraiment était sympa de bien vouloir y aller (c’était la première fois pour elle aussi) tout en sachant ce qui l’attendait. Inversement, je l’aurais convaincu de faire autre chose !

Sur le chemin des bains…

Il y a évidemment un cheminement à suivre. La première étape étant la moins agréable : TOUT laisser dans un casier. Un peu comme dans un cauchemar où on se retrouve tout nu « devant tout le monde »… Ensuite, faire sa toilette « en public » au moyen d’une douche que l’on prend sur des espèces de tabourets très bas avec tous les articles de toilette mis à disposition. La configuration du lieu me faisait penser à un salon de coiffure : chacun se frotte assis, côte à côte avec en prime un miroir face à soi. Une fois qu’on est tout propre il faut alors se lever – nouvelle étape des plus agréables – et entrer (rapidement) dans l’eau. Heureusement, toutes ces étapes valent le coup. Le bain en lui-même était un pur plaisir. Sa chaleur enveloppante procure un bien-être sans égal. Comme un cocon dont on n’a pas envie de sortir… Surtout quand on sait qu’il faudra repasser par toutes ces étapes à poil ! Deux éléments positifs : premièrement nous étions seulement avec deux autres dames (âgées de surcroît) et deuxièmement je ne portais pas mes lunettes – j’ai vu le décor façon Picasso…

Tokyo

Tokyo

La principale chose à laquelle je m’attendais à Tokyo était la foule. Or, c’est vrai dans certains quartiers et à certaines heures mais ce n’est finalement pas ce qui m’aura le plus marqué (j’ai trouvé Londres bien pire en la matière…).

J’ai tout d’abord été surprise par l’immensité de la ville (apparemment 20 fois Paris !) et les nombreux ponts qui la sillonnent. Depuis l’aéroport, à l’arrivée, j’avais l’impression d’être dans le manège de Peter Pan à Disney et de survoler la ville ! C’était magique. Avec en plus le décalage horaire, la joie d’être au Japon et l’excitation à l’idée de retrouver Mari, j’étais dans un état second.

Tokyo

Tokyo offre aussi de très nombreuses facettes. Passer d’un quartier à un autre donne souvent l’impression de changer de ville. L’architecture varie beaucoup. La capitale comprend aussi de nombreux parcs qui permettent de s’isoler de la ville et de se détendre. Ces espaces sont souvent bien conçus et propices au ressourcement tout en étant pourtant au cœur de Tokyo ! Nous avons ainsi dégusté un thé dans un salon de thé traditionnel situé au cœur d’un parc tokyoïte, avec une ambiance ultra zen.

L’heure du thé à Tokyo

 

Pavillon vu de l’extérieur, au coeur de Tokyo

Kyoto

Fushimi Inari, Kyoto

Kyoto se distingue de Tokyo en de nombreux points. L’ancienne capitale japonaise est synonyme d’Histoire.  Elle a conservé une architecture authentique, avec des maisons souvent construites en bois et en taule – qui sont là depuis des lustres. J’ai également été étonnée par le nombre considérable de temples souvent gigantesques que l’on découvre à la dernière minute, au détour d’une rue. Ils sont surprenants par leur architecture et leur taille. Les japonais aiment s’y recueillir. Il y a évidemment une marche à suivre :

1 – Se purifier avec de l’encens à l’entrée du temple, se laver les mains et faire semblant de se rincer la bouche (tout le monde utilise les mêmes coupelles – vive les microbes au pays de la propreté).
2 – Se diriger vers le temple et respecter la queue
3 – Mettre une pièce avec respect dans la fente dédiée – Mari trouvait impoli de la balancer (même si c’était tentant pour un non initié…)
4 – S’incliner
5 – Taper dans ses mains deux fois
6 – Prier
7 – S’incliner de nouveau.
8 – Trouver un autre temple, et recommencer. Vu le nombre de temple à Kyoto, on devient vite expert.

Kyoto

Cette ville m’a également semblé plus calme que Tokyo, plus tournée vers la spiritualité et l’authenticité. Je reviendrai sur les différents lieux qui m’ont beaucoup plu dans un prochain article. 

De l’art du « pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer » : le Japon, en résumé

La propreté est un élément qui m’a marqué : C’est vrai que c’est propre. Mais je crois aussi que c’est chez nous que tout est particulièrement sale ! On dirait que le port du masque chirurgical est quasiment devenu la norme – ça fait presque peur. Dès l’arrivée à l’aéroport, un comité d’accueil était là pour les formalités douanières et les trois quart portaient ce masque. Idem dans les transports, au supermarché, les rues et ce quel que soit l’âge (j’ai même vu des gens se faire un selfie avec). J’ai également testé les fameuses toilettes avec jets nettoyants intégrés. Ce qui m’a encore plus étonné, c’est que chez eux il peut exister juste au-dessus de leurs toilettes un robinet qui coule lorsque l’on tire la chasse pour remplir la cuvette et qui permet de se nettoyer les mains sans gâcher l’eau puisqu’elle resservira dans la cuvette. Épatant !

La sécurité : Enfin un pays où l’on peut se promener sans jamais être dérangé ! C’est incroyable. Ils ont même pour habitude au restaurant de laisser dans un panier posé par terre et dans leur dos, tous leurs effets personnels. De sorte que l’on n’a jamais un œil dessus… Je n’étais pas fan du concept mais je comprends avec cette logique qu’ils soient une cible facile quand ils arrivent à Paris…

La nourriture : On passe aux choses sérieuses. Dès le premier soir, Mari et son amie Mariko m’ont invité dans un très bon restaurant spécialisé dans les makis/sushis ultras frais… Les chefs préparent leurs mets au milieu de la salle, ils sont entourés d’un tapis roulant où ils déposent les makis que nous dégustons.

Premier soir, Tokyo

Mari m’a alors demandé s’il y avait des choses que je ne mangeais pas. Je me suis souvenue qu’elle m’avait dit, des années auparavant que la spécialité locale chez elle est le cheval cru. J’ai donc dit qu’à part ça, je mangeais de tout. Grave erreur… « Je mange de tout » est une phrase valable en France, voire en Europe mais risquée au-delà ! J’ai rapidement compris. Elle a voulu que je goûte un maki ; son préféré.

Makis coupables

Il avait le goût de l’odeur de la levure de boulanger (un goût de pourri) et la texture d’un gombo caoutchouteux – immangeable ! Il s’agissait d’haricots fermentés. Je ne m’étais pas méfiée.  Cela m’est arrivée à plusieurs reprises au cours du séjour ; jusque dans l’avion du retour ! Je ne visais jamais juste quant à ce que c’était ! Du chocolat ? Non, de la pâte de haricots rouges (dans des pâtisseries matinales), une omelette = chaude et salée ? Non, froide et sucrée ! C’était à chaque fois comme une surprise dont on n’a pas toujours envie. Finalement, Mari a fini par dire que j’étais difficile avec la nourriture. Je précise que de son côté elle ne rechigne pas à manger une glace saveur oignon…

Les gens : J’ai vraiment eu l’impression de plonger au cœur d’un autre monde. Il y avait très peu d’étrangers, sans doute car je n’y suis pas allée pendant la saison touristique. La population m’a marqué sur plusieurs points : leur respect du silence dans les transports. On a pris le métro à l’heure de pointe à plusieurs reprises à Tokyo et à chaque fois le silence était total. En fermant les yeux, j’aurais pu croire qu’il n’y avait personne autour de nous. J’ai demandé à Mari si on avait le droit de parler. Elle m’a répondu : « oui, mais pas fort. » J’ai compris qu’il valait mieux se taire.

Par ailleurs, avant de venir dans ce pays, je croyais que les japonais étaient très polis. En fait, je ne suis pas sure que leur comportement relève de la politesse – ils ne sont pas galants par exemple. Ils sont en revanche très serviables. De manière générale, nous avons toujours échangé avec des personnes accueillantes. Le service est soigné voire impeccable dans les moindres détails.

J’ai eu l’impression qu’au quotidien tout le monde avait ici tendance à respecter des règles, mais que la bienveillance ne venait pas forcément d’elle-même et le résultat est différent. C’est peut être aussi la ville qui veut ça. En apparence c’est en tout cas plus civilisé et très appréciable le temps d’un séjour.

Queue sur le quai avant d’entrer dans le métro… on est loin de Châtelet !

En termes de langue ; même si à Tokyo, la plupart des panneaux dans les transports sont traduits en anglais, le reste est bien en japonais, notamment au restaurant. J’avoue que j’ai eu un bug en voyant pour la première fois leur plan de métro…

Plan de métro de Tokyo

Et le menu dans un bar à saké

Menu dans un bar à saké

Autant dire que dans certains cas l’usage du pifomètre est de mise…

Quant à l’orientation : je ne comprends toujours pas le concept d’avoir développé une ville si grande sans numéro de rues ! Les japonais sont les pros du « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ? ». C’est vrai pour leur langue, leur cuisine, leur façon de penser, de se comporter ou encore leur cérémonie du thé (tu te tiens comme ceci, ensuite tu t’inclines tant de fois, puis tu tournes ton bol dans ce sens et enfin tu aspires en faisant ce son…). Ils s’imposent une rigueur au quotidien. Pas étonnant que certains pètent les plombs !

Venir au Japon m’aura permis de remettre parfois en question notre propre mode de penser. De voir les choses sous un angle différent et auquel je n’aurai jamais pensé. Ils ont une autre logique. Leur façon de vivre est si différente de la nôtre… c’est sans aucun doute le voyage qui m’aura le plus dépaysé.

Si vous souhaitez aussi tenter l’aventure attendez-vous à être déboussolé comme jamais !

Kawaii

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