Bilan de mi-parcours – trois mois en Australie

Il faut croire que l’on est conçu pour s’habituer à tout. Cela résume les trois premiers mois que nous venons de passer dans le désert australien. Hormis ma famille, mes amis et mon Benoit tristement quasiment rien ne me manque. Je pensais qu’au moins la simple pensée de la nourriture française allait rapidement torturer mon estomac. Mais non ; je peux penser à un croissant (au beurre) voire même à une raclette sans douleur… Je devais sans doute être mentalement plus préparée pour l’isolement que je ne le croyais. Ma sœur est un « être plus sociable » que moi… et nous avons tendance à vivre certaines choses différemment ; quand je trouve le silence du désert australien apaisant, propice à la méditation et à la déconnexion elle préfère au contraire aller se promener avec sa musique et chanter à tue-tête – puisque l’on ne dérange personne !

En trois mois voici une sélection des choses que j’ai apprises en étant en Australie et principalement dans le bush.

« GASTRONOMIE »

  • Les spaghettis existent en boite… et c’est très mauvais.
  • Quand un australien prend un café, cela veut dire implicitement « avec du lait » (oubliez l’espresso).
  • Le kangourou se mange, les fourmis (notamment la variété des Mula Ants) et le crocodile aussi. Ne me demandez pas leurs goûts, je ne veux pas le savoir.
  • Le barbecue est au gaz, avant de faire cuire de la viande ils utilisent un spray d’huile – quand on mange un steak j’ai l’impression qu’on l’a fait cuire à la poêle. Aucun intérêt !
  • Si vous venez en Australie méfiez-vous du thon. S’il n’est pas précisé sur la boîte « dolphin friendly » cela veut dire qu’il y a potentiellement du dauphin dans ce que vous mangez… dans le doute j’ai fait une croix dessus.
  • Le « gravy » se consomme par litres. Il s’agit d’une sauce généralement industrielle, faussement mijotée, marron, épaisse et très salée qui est versée sur de la viande et/ou des frites– baptisées « hot chips ». Ici les french fries n’existent pas – c’est un terme américain.

Chicken, chips & gravy

  • Si vous commandez un burger avec la mention « with the lot » attendez-vous à avoir de la betterave et de l’ananas dedans. Cela me fait penser au « fourre-z’y-tout » de la série Fais pas-ci fais pas ça.

CULTURE

  • L’art aborigène relève presque du langage. Au premier abord leurs peintures peuvent juste paraître jolies. Quand on s’y intéresse elles sont en fait chargées de significations voire de poésie et racontent une histoire.

Araluen Cultural Precinct, Alice Springs

  • Les informations à la télévision sont très majoritairement portées sur des faits divers. On est loin d’Arte et de France Inter !
  • Pour le langage, je vous conseille de lire mon article : « Hey! How ya doin’ mate ou l’anglais à la sauce australienne… ». L’australien se distingue de l’anglais britannique ou américain par sa multitude d’expressions très imagées utilisées qu’ici. Leur slang est très riche.

MODE DE VIE

  • Les gens se marient, ont des enfants et divorcent très tôt – enfin plus tôt que chez nous.
  • Le rot est une institution. Il faudrait leur préciser le jour où ils quittent leur pays-continent que ce n’est pas comme ça partout… surtout s’ils ont la bonne idée de faire un tour au Japon !
  • Si on arrive à faire abstraction du rot… la galanterie est aussi une particularité d’ici.
  • Le port de la casquette est également une institution.
  • La bière se boit comme du petit lait. Elle ne se déguste pas, elle s’enchaîne.
  • La très grande majorité des clients aborigènes que l’on reçoit se déplace pieds nus ou en chaussette.
  • Les australiens semblent travailler une grande partie de leur vie et voyager d’abord dans leur propre pays quand ils le peuvent.
  • Ici, travailler sur un chantier, être chauffeur routier ou encore travailler dans une mine c’est jackpot ! (Certains gagnent 3 000 dollars par semaine…)
  • Les cowboys existent ! Au-delà du fait qu’ils élèvent réellement des vaches, ils portent bien le fameux chapeau délavé, un jean usé et semblent pour certains avoir été roulés dans la poussière rouge du bush – avant d’entrer dans la roadhouse.
  • Les camions peuvent ressembler à des trains et sont alors nommés « road train » ; ils peuvent avoir jusqu’à trois remorques !

Road Train sur la Tanami Track

  • Les feux d’artifices « maison » allumés par des particuliers sont autorisés une fois par an et les australiens en raffolent – je ne parviens pas à trouver un équivalent chez nous de quelque chose qui nous met tous unanimement en joie.
  • Il existe ici des produits douche vegan. J’ai du mal à comprendre le concept…
  • Les règles marketing sont très variables d’un pays à un autre et je doute que certains produits soient importables en France et aussi prisés qu’ici. Je vous laisse faire la traduction des noms poétiques des bonbons ci-dessous.

Les bonbons préférés d’ici

 

  • Si vous en avez l’occasion, regardez un match de football australien. Je n’ai pas encore compris toutes les règles, on dirait que tous les coups sont permis… mais la tenue des joueurs nous a fait beaucoup rire ; on dirait des géants musclés en mini shorts.

QUOTIDIEN

  • La vie en communauté demande une certaine adaptation. Il faut apprendre à faire avec le tempérament de chacun. On est plutôt bien tombé (ça c’est au cas où un collègue traduirait mon article). Notre équipe est petite et a beaucoup évolué depuis notre arrivée. En ce moment elle est composée de deux Néo zélandais, quatre australiens et nous. En réalité ce n’est pas l’isolement qui est dur à supporter mais bien la vie en communauté.
  • Les températures font le grand écart dans le désert. La nuit, elles peuvent descendre à zéro – on doit mettre le chauffage et en journée il peut faire 29 degrés – on souhaiterait avoir la climatisation.
  • Si vous vous demandez comment j’utilise mon temps dans le bush, je vous propose de lire mon article « que faire en jour off dans le désert australien ? »
  • La vision que l’on porte sur les choses évolue. Au début, quand nous sommes arrivées à la roadhouse je ne pensais jamais m’asseoir où que ce soit à l’extérieur. J’avais l’impression qu’un insecte énorme allait surgir de sous ma chaise… finalement on y mange tous les jours et le pire c’est qu’on ne vérifie même pas (enfin plus) si Maïtika est dans le coin !
  • L’isolement n’est pas pesant. Il est parfois contraignant quand on a besoin de quelque chose de matériel (il faut alors faire une commande en ligne et dans le meilleur des cas attendre que le produit arrive avec le camion qui livre la roadhouse une fois par semaine). Sinon les colis mettent trois semaines à arriver depuis la France.

Effet de la réception d’un colis dans le désert – le jour de mon anniversaire en plus

ENVIRONNEMENT

  • Un nuage est ici un événement. Le ciel fait rarement preuve d’imagination, il reste d’un bleu pur impressionnant sept jours sur sept – et on ne s’en plaint pas.
  • Il y a des mines d’or en Australie !
  • L’air est sans doute un des plus purs que l’on puisse respirer. Les odeurs sont ainsi perçues avec beaucoup de puissance. On a découvert que même les produits dits « sans odeur » en ont une ici.
  • J’ai appris récemment qu’il y a des plages en Australie où il ne faut pas se baigner. Ca, on le savait me direz-vous ; Mais… il y a aussi des plages au nord du pays où il vaut mieux éviter de bronzer… en plus du soleil, il y a des alligators ! Aussi à l’aise dans l’eau que sur terre… le paradis !
  • Les kangourous ne sont pas si nombreux que ça autour de nous où alors très timides… J’ai dû attendre quasiment deux mois pour en voir un ! C’était un scoop. Mais j’étais heureuse, c’est très mignon comme animal.

Premier kangourou, Alice Springs

  • Le « chant » des oiseaux peut être insupportable. Même au bout de trois mois, je n’arrive pas à m’y faire. En France on dirait qu’on a eu la meilleure sélection – sans le savoir.
  • Le soleil est dangereux mais rares sont les personnes qui portent de la crème solaire. J’ai l’impression qu’on est plus conscient en France de la dangerosité du soleil australien que les australiens eux même. Les problèmes de peaux sont un fléau…
  • La voie lactée est impressionnante. En ce mois d’août j’ai eu plaisir à observer de nombreuses étoiles filantes. Pour cela il faut accepter de plonger dans une nuit noire complète. La terre semble s’arrêter derrière les derniers buissons encore éclairés par les lumières du site. Nous pouvons en plus observer des étoiles uniquement visibles depuis l’hémisphère sud telle que la Croix du Sud (qui permet de repérer le pôle sud céleste depuis ce côté de la planète). La Grande et la Petite Ours ne sont en revanche pas observables ici et après vérification, on ne voit pas non plus la Lune dans le même sens qu’en France ! C’est dans ce genre de situation que l’on réalise à quel point nous sommes loin…

En trois mois nous avons donc eu l’occasion de voir et de comprendre pas mal de choses. De chambouler notre quotidien pour un autre assez sommaire mais très enrichissant.
Globalement, je me dis souvent : « heureusement que nous sommes deux ! »

N’hésitez pas à laisser votre commentaire ; ça se passe un peu plus bas 🙂

 

Couleurs au coucher de soleil

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